Discours de clôture de Mgr François Touvet

Rédigé le 28/09/2021


Chers amis,

 

Vous ne m’avez pas entendu depuis l’ouverture mercredi matin. Ce matin, c’est la totale : après l’éloge du Père Lombardi, et avant l’homélie de la messe de clôture, voici le discours de clôture. Je suis chargé de vous adresser un message à l’issue de nos travaux et rencontres, pour couronner en quelque sorte ce temps de fraternité et d’ouverture à l’Esprit-Saint, et relancer chacun dans sa mission au service de la communication dans l’Église.

Je ne vais pas reprendre ce qui a été dit par les excellents conférenciers et témoins, ni répéter les homélies, ni détailler les conseils glanés dans les ateliers, je vais vous exprimer quelques pistes et points d’attention. Je le fais bien humblement, par la délégation que les évêques m’ont donnée en mars dernier en m’élisant président du conseil pour la communication.

A ce titre, en premier lieu, je souhaite vous offrir ma joie. Une vraie lumière dans mon cœur à l’issue de cette UCE. Le ministère épiscopal est parfois semé de quelques embûches, les défis humainement insurmontables ne manquent pas, l’unité du Corps du Christ et la communion entre ses membres sont une alchimie délicate dans leur progression et leur stabilité, les appels lancés peuvent demeurer sans réponse… votre compagnie amicale et joyeuse, votre ardeur à travailler les questions actuelles, votre prière sincère et belle ont apporté autant de lumière à mon cœur épiscopal que le soleil de ces premiers jours d’automne venant réchauffer nos corps après des matins assez frais et humides. Grande joie de vous accompagner dans votre mission et de vous redire la confiance que les évêques mettent en vous pour les accompagner dans leur ministère de communicant. Car c’est leur première mission de parler, d’enseigner, de proclamer, de prêcher, de dire les merveilles du salut en Jésus, le Christ, notre Seigneur et notre Sauveur, mort sur la croix et ressuscité d’entre les morts, vivant à jamais dans nos cœurs. Le kérygme est LE message à transmettre par toutes les techniques et moyens dignes, vrais, beaux, généreux, loyaux, respectueux. Demeurons dans « la joie de l’Évangile » pour communiquer l’espérance !

En guise de message d’envoi, je souhaite revenir un peu sur l’espérance et je la relierai ensuite aux deux autres vertus théologales : la foi et la charité.
 

1/ Notre vocation est bien de « communiquer l’espérance » dans le monde d’aujourd’hui.

Ce monde est fortement marqué par la pandémie qui est venue semer la mort et tant de souffrances dans notre humanité. Nous nous souviendrons tous de ces images du Saint-Père sur la place Saint-Pierre, tout seul, mais s’adressant au monde par les télévisions, vénérant la croix du Seigneur et s’agenouillant devant l’ostensoir qui présentait le pain de la vie éternelle, le Corps du Christ, Jésus lui-même. Même sans discours, nous aurions compris son message d’espérance. Le Père Lombardi, dans sa conférence inaugurale nous a présenté comment chacun des trois Papes qu’il a servis a donné au monde un message d’espérance. Permettez-moi maintenant de laisser résonner ici et jusque dans vos cœurs et intelligences leur voix à chacun. Nous entendrons la puissance de saint Jean-Paul II, la douceur de Benoit XVI alliée à sa fermeté dogmatique, et l’audace spontanée de François :

Jean-Paul II : message du 14 février 2001 pour la JMJ 2001

6. « Chers jeunes, ne soyez pas surpris si, au début du troisième millénaire, le Pape vous montre une fois encore la croix comme chemin de vie et de bonheur authentique. L’Église croit et confesse depuis toujours que seule la croix du Christ est porteuse du salut. 

Une culture largement répandue de l’éphémère, qui accorde de la valeur à ce qui plaît et semble beau, voudrait faire croire que, pour être heureux, il faut éviter la croix. Comme idéal, on présente un succès facile, une carrière rapide, une sexualité séparée du sens des responsabilités et, finalement, une existence centrée sur l’affirmation de soi, souvent sans respect des autres. 

Mais ouvrez bien vos yeux, chers jeunes : ce n’est pas là le chemin qui fait vivre, mais le sentier qui plonge dans la mort. […]

N’ayez donc pas peur de cheminer sur le chemin que le Seigneur a parcouru le premier. Avec votre jeunesse, vous imprimez au troisième millénaire qui s’ouvre le signe de l’espérance et de l’enthousiasme caractéristique de votre âge. Si vous laissez la grâce œuvrer en vous, si votre engagement quotidien ne manque pas de sérieux, vous ferez de ce nouveau siècle une époque meilleure pour tous. »

Benoit XVI : message pour la JMJ 2011 Madrid

« Soyez « enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (cf. Col 2, 7) […] Notre contexte culturel, chers jeunes, a de nombreuses ressemblances avec celui des Colossiens d’alors. En effet, il y a un fort courant « laïciste », qui veut supprimer Dieu de la vie des personnes et de la société, projetant et tentant de créer un « paradis » sans Lui. Or l’expérience enseigne qu’un monde sans Dieu est un « enfer » où prévalent les égoïsmes, les divisions dans les familles, la haine entre les personnes et les peuples, le manque d’amour, de joie et d’espérance. A l’inverse, là où les personnes et les peuples vivent dans la présence de Dieu, l’adorent en vérité et écoutent sa voix, là se construit très concrètement la civilisation de l’amour, où chacun est respecté dans sa dignité, où la communion grandit, avec tous ses fruits. […]

Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c’est le contraire ! Elle est le « oui » de Dieu à l’homme, l’expression extrême de son amour et la source d’où jaillit la vie. Car du cœur de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l’amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. En dehors du Christ mort et ressuscité, il n’y a pas de salut ! Lui seul peut libérer le monde du mal et faire grandir le Royaume de justice, de paix et d’amour auquel nous aspirons tous. »

 

François : Catéchèse du 24 mai 2017

« Les deux pèlerins cultivaient une espérance seulement humaine, qui maintenant se brisait en mille morceaux. Cette croix hissée sur le Calvaire était le signe le plus éloquent d’une défaite qu’ils n’avaient pas pronostiquée. Si vraiment ce Jésus était selon le cœur de Dieu, ils devaient en conclure que Dieu était désarmé, sans défense dans les mains des violents, incapable d’opposer une résistance au mal.

[…] La rencontre entre Jésus et ces deux disciples semble absolument fortuite : elle ressemble à une de ces nombreuses rencontres qui arrivent dans la vie. Les deux disciples marchent, l’air songeurs, et un inconnu arrive près deux. C’est Jésus ; mais leurs yeux ne sont pas en mesure de le reconnaître. Alors Jésus commence sa « thérapie de l’espérance ». Ce qui arrive sur cette route est une thérapie de l’espérance. Qui l’a faite ? Jésus.
Tout d’abord, il demande et il écoute : notre Dieu n’est pas un Dieu envahissant. Même s’il connaît déjà la raison de leur déception, il leur laisse le temps d’aller au fond de leur amertume, de la sonder. Il en ressort une confession qui est un refrain de l’existence humaine : « Nous espérions, mais … Nous espérions, mais … » (v. 21). Que de tristesses, que de défaites il y a dans la vie de toute personne ! Au fonds, nous sommes tous un peu comme ces disciples. Que de fois dans la vie avons-nous espéré, que de fois nous sommes-nous sentis à un pas du bonheur, et puis nous nous sommes retrouvés par terre, déçus. Mais Jésus marche avec toutes les personnes qui ont perdu confiance et avancent la tête basse. Et en marchant avec eux, de manière discrète, il parvient à redonner l’espérance.

[…] Nous tous, dans notre vie, nous avons eu des moments difficiles, sombres ; des moments où nous marchions tristes, songeurs, sans horizons, un mur devant nous. Mais Jésus est toujours près de nous pour nous donner l’espérance, pour réchauffer les cœurs et dire : « Avance, je suis avec toi. Avance ! » Tout le secret de la route qui conduit à Emmaüs est là : même avec des apparences contraires, nous continuons à être aimés, Dieu n’arrêtera jamais de nous aimer. Dieu marchera toujours avec nous, toujours, même dans les moments les plus douloureux, même aux pires moments, dans les moments de défaite : le Seigneur est là. C’est notre espérance. Avançons avec cette espérance ! Car Il est à côté de nous, marche avec nous, toujours ! »


Ces paroles des évêques de Rome successifs nous offrent la très belle dynamique de l’espérance que les différents témoins nous ont apportée, par leur attention aux personnes ayant un handicap ou dans le dialogue inter-religieux, ou dans l’expression artistique. Le mystère de la Croix est un mystère de très grande espérance. Nous portons chacun notre croix, nous sommes appelés à porter la croix de nos frères, nous portons ensemble les croix de l’Église. Et là au milieu, il nous faut communiquer l’espérance : nous évêques, et nos communicants avec nous. Chers amis, l’Église n’est aujourd’hui qu’un petit reste en occident, la sécularisation est puissante et rapide (dans mon diocèse, 80% de baptêmes en moins en l’espace de 30 ans). Le défaitisme est là qui nous menace ou qui nous tente parfois, ou qui nous piège. Les diviseurs sont là pour semer le trouble et déchirer le vêtement de l’unité, et c’est vrai dans la vie de l’Église avec le « magistère à la carte » encouragé par les réseaux sociaux, la récupération de tel ou tel propos, la starisation d’un prêtre, les querelles de pouvoir ou de clochers… C’est vrai aussi dans la société française en proie à toutes sortes de violences, de tensions, ou chacun se fait justice et où les débats électoraux s’annoncent violents. C’est vraiment désespérant, disons-nous parfois. En reprenant le jeu de mots qu’on m’a soufflé : soyons des « espérants » !

Au milieu de tout cette actualité, je ne peux pas ne pas m’arrêter sur le sujet des abus dans l’Église sur mineurs et aussi sur personnes majeures : abus sexuels, abus de pouvoir, abus d’autorité, abus spirituels. Nos yeux se sont ouverts grâce au témoignage des personnes victimes. Nos diocèses, nos instituts religieux sont touchés. Parfois nos familles. Nous allons devoir affronter la très dure et triste réalité dans quelques jours : le nombre de personnes victimes, en particulier les centaines ou milliers d’enfants dont la vie a été brisée, démolie, volée, violée, profanée par des mains faites pour bénir et pardonner au nom de Jésus. Comme mes frères évêques, je suis résolument engagé sur ce chemin de purification qui passe par la transparence et la vérité. J’ai rencontré des victimes, et je pense à elles. Je revois leurs larmes lorsque, mes yeux pleins de larmes aussi, je leur disais « au nom de l’Église, je vous demande pardon très sincèrement, de tout mon cœur ». Ces rencontres bouleversantes m’ont fait avancer dans la compréhension de ce drame. Par votre métier de communicant en Église, vous êtes déjà avertis de ces sujets, bien sûr. Mais là, nous allons devoir encaisser le choc, la déflagration, et surtout accompagner les fidèles chrétiens, les familles, les jeunes, les séminaristes, les prêtres, les personnes victimes, et les évêques qui seront en première ligne et désignés comme responsables. On est dans le dur, dans le vrai. Pas d’astuces de « com », on ne tourne pas autour du pot. On dit la vérité : oui, nous sommes consternés, bouleversés, anéantis, terrassés, car c’est horrible. Oui, nous pensons d’abord aux personnes victimes. Et oui, nous sommes déterminés à poursuivre les efforts déjà engagés : les 11 mesures concrètes et décisives votées par les évêques en mars 2021 se mettent en place, la vigilance et la prévention seront là, la reconnaissance de la souffrance, l’écoute des personnes victimes, l’accompagnement des processus de reconstruction, la mémoire de cette horreur, et la justice de l’Église qui doit passer. Oui, la responsabilité des évêques, la responsabilité de l’Église, c’est d’assumer, de dire la vérité, de dire qu’il y a eu des fautes, des négligences, des silences inadmissibles. Je compte sur vous, chers amis, en ces heures douloureuses, pour engager ce chemin d’espérance à partir de la Croix, avec courage, disponibilité, écoute, vérité. Selon les relations que vous avez lui, merci pour l’accompagnement de votre évêque ou de votre supérieur majeur. Le verbe facile ou la carapace de certains ne pourra pas toujours dissimuler l’immense émotion. Ils auront besoin de vous. C’est désespérant ! Soyons des « espérants » !

 

2/ Enraciner notre espérance dans la foi de l’Église

Chers amis, je me suis beaucoup attardé sur l’espérance qui constituait le thème de notre UCE. Je souhaite simplement vous inviter à enraciner votre espérance dans foi de l’Église. Je rappelais le kérygme il y a quelques instants. Je fais appel, tel un père à ses enfants, à votre engagement personnel dans la foi, dans la vie spirituelle, dans la vie sacramentelle, à votre conversion. Votre mission est belle et grande, et je vous redis ici tous mes encouragements. Avec le conseil des évêques pour la communication, nous sommes là pour vous soutenir, vous aider à vous former, à aller au cœur de la foi, à découvrir les joies de la rencontre avec le Christ, à nourrir votre foi toujours fragile. Pour que votre espérance ne soit pas simplement une sorte d’optimisme, d’élan du cœur, de posture positive un peu forcée, mais vraiment l’espérance chrétienne, la conviction que la victoire nous est donnée déjà par le Seigneur, même si elle ne l’est pas encore pleinement dans nos réalités humaines. Les temps de prière nous ont permis écouter ensemble la Parole de Dieu, de célébrer le mystère du salut. Ce n’était pas pour occuper le temps ou faire joli dans le décor, « tout de même… ce sont des gens qui travaillent au service de l’Église, on va bien trouver quelques minutes pour mettre une petite messe ». Non, ce fut central, car notre mission consiste à chercher ensemble à faire la volonté de Dieu, l’œuvre de Dieu. Nous ne sommes pas dans l’agitation fébrile, même s’il faut parfois réagir dans l’urgence. Le temps perdu à écouter la voix du Seigneur n’est jamais du temps perdu. Prenons le temps d’enraciner notre espérance dans la foi de l’Église transmise de génération en génération depuis les Apôtres.

 

3/ Et nourrissons notre espérance avec la charité

On peut faire toutes les universités d’été ou d’hiver qu’on veut, on peut animer de passionnants ateliers, on peut faire des discours et demander aux autres de les écouter sans s’endormir, si nous n’avons pas la charité, cela ne sert à rien. Par cette paraphrase de saint Paul, je souhaite vous dire une chose très simple, un peu comme saint Jacques avec d’autres mots : si tu as la foi, si ton cœur est dans l’espérance, cela doit se voir dans ton sourire, ton attention aux autres, ta patience, ta douceur, ta délicatesse, ta bonté, surtout quand l’atmosphère est tendue, lourde, ténébreuse, conflictuelle. L’artisan de paix qui sommeille en toi, réveille-le. Le missionnaire de la charité ne s’appelle pas seulement Mère Térésa, mais il porte ton nom. La communauté des communicants attend ton témoignage de charité fraternelle au même titre que le collège des évêques est appelé à la fraternité. Tu trouveras dans l’Eucharistie la nourriture de ta charité qui nourrira ton espérance. Sainte Thérèse nous éclaire par quelques mots : « je suis la plus petite des créatures, je connais ma misère et ma faiblesse, mais je sais aussi combien les cœurs généreux aiment à faire du bien » ; « je comprends maintenant que la charité parfaite  consiste à supporter  les défauts des autres, à ne point s’étonner de leurs faiblesses, à s’édifier des plus petits actes de vertu » ; « l’amour peut tout faire, le choses les plus impossibles ne lui semblent pas difficiles » ; « Jésus ne regarde pas tant la grandeur des actions ni même à leur difficulté qu’à l’amour qui fait faire ces actes » ; « ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire par amour » ; « vivre d’amour, c’est naviguer sans cesse semant la paix, la joie dans tous les cœurs ».

 

Voilà ces quelques repères que je vous propose d’emporter avec vous depuis Lisieux. Vous savez, je vous le dis bien simplement : en fait, on n’a pas besoin d’abord de « pros de la com » mais de saints et de prophètes. En témoignent ces quelques lignes du Pape François pour terminer. Vous les trouverez dans « Christus vivit » au § 104 à 107 :

 

104. « Je te rappelle la bonne nouvelle que le matin de la Résurrection nous a offert : à savoir qu’il y a une issue à toutes les situations difficiles ou douloureuses […]. Par exemple, il est vrai que le monde numérique peut t’exposer au risque du repli sur soi, de l’isolement ou du plaisir vide. Mais n’oublie pas qu’il y a des jeunes qui sont aussi créatifs, et parfois géniaux, dans cet environnement. C’est ce que faisait le jeune Vénérable Carlo Acutis.

105. Il savait très bien que ces mécanismes de la communication, de la publicité et des réseaux sociaux peuvent être utilisés pour faire de nous des êtres endormis, dépendants de la consommation et des nouveautés que nous pouvons acquérir, obsédés du temps libre et prisonniers de la négativité. Cependant, il a été capable d’utiliser les nouvelles techniques de communication pour transmettre l’Évangile, pour communiquer valeurs et beauté.

106. Il n’est pas tombé dans le piège. Il voyait que beaucoup de jeunes, même s’ils semblent différents, finissent en réalité par se ressembler, en courant derrière ce que les puissants leur imposent à travers les mécanismes de consommation et d’abrutissement. C’est ainsi qu’ils ne laissent pas jaillir les dons que le Seigneur leur a faits ; ils n’offrent pas à ce monde ces talents si personnels et si uniques que le Seigneur a semés en chacun. Ainsi, disait Carlo, il arrive que “tous les hommes naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies”. Ne permets pas que cela t’arrive !

107. Ne permets pas qu’ils te volent l’espérance et la joie, qu’ils te rendent toxicodépendant pour t’utiliser comme esclave de leurs intérêts. Ose être davantage, car ta personne est plus importante que quoi que ce soit. Il ne te sert à rien d’avoir ou de paraître. Tu peux arriver à être ce que Dieu, ton Créateur, sait que tu es, si tu reconnais que tu es appelé à beaucoup. Invoque l’Esprit Saint et marche avec confiance vers le grand but : la sainteté ».

Merci.

 

Mgr François Touvet
évêque de Châlons
Président du Conseil pour la communication

 



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